Civilité italique
La construction des typiques centres fortifiés
mégalithiques remonte aux premières phases de la
civilité italique (siècles IX- VI av. J.- C.); ils
occupent les hauteurs et les accès aux pâturages. On
en a retrouvé des ruines tout autour des massifs
principaux et en particulier dans ces localités: la
Conca de Sulmona (Mont Mitra; Colle delle Fate), les
vallées septentrionales (Colle Civita près de
Roccamorice; Civita Danzica près de Rapino), la
vallée de l’Aventino (Lettopalena, Lama dei Peligni,
Montenerodomo) et sur les hauts plateaux (Pescocostanzo,
dans la localité Quarto del Mulino; Rivisondoli,
Serra Castellaccio; Roccaraso, le long de la voie
della Carrozza; très bien visible est l’enceinte sur
la forteresse de Castel di Sangro).
Pendant les siècles suivants, de la moitié du VI
siècle av. J.- C. jusqu’au VI siècle apr. J.- C. les
populations qui peuplaient la Majella passèrent
graduellement d’une organisation socio-politique de
type royale à une de type républicain appelée “toutas”.
Grâce aux nombreux témoignages archéologiques,
épigraphiques et aux sources romaines, on connaît
parfaitement les peuples qui ont créé cette civilité;
il s’agit des Peligni, Marrucini, Carricini et des
Pentri, ceux-ci situés seulement dans la région des
hauts plateaux. Parmi les villes les plus
importantes de ces populations, certaines surgissent
autour du massif de la Majella et leur noms sont
connus dans l’acception latine: Corfinium, Sulmo,
Interpromium, Cluviae, Iuvanum et Aufidena, habitée
par la population des Pentri. A ces villes ont doit
ajouter les sanctuaires, comme celui de Ercole
Curino situé aux pieds du mont Morrone, et celui de
Cansano qui ouvre la tradition des temples sans toit,
et beaucoup d’ autres situés dans les vallées
septentrionales (Santa Maria di Arabona, San Tommaso
di Caramanico). Le culte le plus pratiqué par ces
populations, et surtout parmi celles de montagne,
était celui d’Hercule, le dieu de la force. Son
effigie est représentée dans un nombre élevé des
statuettes italiques-romaines en bronze provenant de
diverses localités (plusieurs se trouvaient dans la
fosse votive de San Tommaso), au point que elle est
célébrée dans le très beau Hercule Curino (chez le
Musée Archéologique de Chieti), œuvre qui a été
réalisée peut-être par Lisippo, achetée en Grèce et
donnée (dans le I siècle av. J.- C.) au sanctuaire
du Mont Morrone par le marchand et armateur Marco
Attio Peticio, dont la gens avait ses origines dans
la même aire.
A partir du III siècle av. J.- C. ces peuples se
sont romanisés de façon qu’il est difficile de
distinguer leur physionomie originelle de celle que
ont acquise des civilités romaines. On doit se
souvenir de leur dernière tentative de s’opposer à
Rome avec la “guerre sociale” qui va du 91 jusqu’au
88 av. J.-C., pendant laquelle Corfinium devient,
avec le nom Italica (Italia o Italicum), la capitale
des confédérés contre Rome.
Les villes italiques acquissent une importance
majeure dans le contexte romain. A ce développement
contribue la relance de l’élevage sur les monts
circonstants, et le perfectionnement du réseau
routier qui les traverse. C’est à ces ressources et
au possible commerce des denrées agricoles du fond
de la vallée que se réfère le fameux bas -relief
retrouvé et conservé à Sulmona, représentant des
scènes de pâturage et de transport de produits
agricoles (datable du I siècle av. J.-C.).
En effet, l’unification définitive des territoires
péninsulaires, réalisée par les Romains, produisit
directement la transhumance horizontale: pendant la
période romaine on définit aussi le réseau des
sentiers (nommés aussi calles, et les bergers
étaient appelés callitani). Ce réseau a été actif
jusqu’au début du siècle. L’œuvre de consolidation
des parcours routiers fait par les Romains a été d’autant
décisive. L’axe fondamentale était représenté par la
voie Tiburtina-Caludia-Valeria qui raccordait Rome à
Hostia Aterni ( aujourd’hui Pescara) traversant Alba
Fucens, Corfinium, Interpromium et Teate. L’axe
transversal se croisait avec celui longitudinal,
constitué au nord par la Claudia Nova provenant de
Amiternum et qui se rattachait à Interpromium et par
le trait au sud que de Corfinium touchait Sulmo, le
Templum Jovis larene et rejoignit Aufidena.
De Sulmo il y avait une voie qui se dirigeait vers
le Mont Morrone et le Passo de San Leonardo, pour
descendre dans la Vallée de l’Orta et rejoindre
Interpromium.
Les vici et les pagi romains habités avaient surgi,
à partir de l’âge impérial vieillissant, tout autour
du massif de la Majella, comme révèlent les typiques
toponymes prédiales de Bolognano, Scagnano,
Trovigliano, Cusano, Flagiano, Arcessano (de fundum
Belonianum, etc.); ils se trouvent dans la basse
vallée des fleuves Orta et Lavino, une aire où s’était
développée aussi, dans des époques plus anciennes,
l’industrie extractive du gypse et du goudron. Un
pain de ce dernier matériel, datable du I siècle
apr. J.-C., a été retrouvé à Lettomanoppello, avec
la gravure du nom du probable adjudicataire de la
carrière.
D’après les témoignages retrouvés dans l’aire
templière de Cansano on peut affirmer que pendant le
IV siècle av. J.-C. commença la christianisation du
territoire “Peligno” et ce phénomène se développa
peu à peu vers les monts.