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Naples capitale, “la voie des Abruzzes ” et l’entrée de l’économie de montagne dans un marché plus vaste. Les rapports avec Florence et la Lombardie.
A partir de l’âge lombard-franc la voie dorsale des
Apennins avait acquis une nouvelle importance (du
moins pour les contacts entre les capitales ducales
de Spoleto et Benevento); l’unification monarchique
réalisée par les Normands offrit la condition
nécessaire pour lui conférer un rôle primaire dans
tout le Midi. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle jusqu’au début du XVIe siècle les zones traversées par cette grande ligne augmentent leur développement. Cette évolution intéresse directement les villes et les autres centres de passage, comme L’Aquila, Popoli, Sulmona, Castel di Sangro (pour ce qui concerne les aires intérieures sur le versant marin, on doit citer Teramo et Atri; un cas particulier est celui du port d’Ortona et de la place commerciale de Lanciano). Ce phénomène touche profondément les bandes latérales notamment les centres de montagne, parce que le facteur principal qui lie les trafics à ces lieux est représenté par les ressources fondamentales de la montagne, c'est-à-dire le pâturage et l’industrie ovine. A partir de l’âge souabe il y a un fait nouveau à considérer: il s’agit du contact qui s’établit entre les aires de production de la matière la plus importante, la laine (mais aussi les teintures, la soie et les animaux de boucherie) les grands marchés et les lieux de travail du produit fini situés au centre nord. Mais sur place surgissent aussi des activités de transformation: la production des tissus de laine et de soie s’affirme aussi bien sur le versant de Sulmona que dans la Vallée du fleuve Aventino (où elle est encore pratiquée). La région des Abruzzes devient une destination pour les banquiers, les marchands toscans, les hommes de culture, les artistes et les artisans qui réalisent des œuvres dans nombreux centres. Un cas exemplaire est celui de Boccace qui visite plusieurs fois Sulmona, et la première copie du Decameron que nous connaissons circule parmi les marchands qui fréquentent les places de Sulmona et L’Aquila. Toujours à Sulmona se constitue un groupe d’amis et de correspondants de Pétrarque. Il ne faut pas oublier la figure du poète Ovide, originaire de Sulmona, qui exerce une grande influence sur l’ Humanisme naissant.
La présence des Toscans, très nombreuse jusqu’à la
moitié du XVe siècle, est suivie par celle des
Lombards qui arrive jusqu’au XVIIe siècle. Parmi ces
derniers s’affirment les artisans experts en
constructions, experts du raffiné travail de la
pierre, du bois, du fer forgé et des stucs; leur
colonies, dans les Abruzzes, remontent à la première
moitié du XVe, mais elles deviennent encore plus
nombreuses après le grave tremblement de terre du
1456 qui produisit, dans cette région, plusieurs
occasions de travail. Il y eut aussi des
établissements stabiles des noyaux lombards qui ont
laissé une empreinte décisive à Pescocostanzo; ici
on trouve toujours plusieurs témoignages de leur
traditions artisanales, on pratique le baptême selon
le rite ambrosien, on parle un jargon de métier
appelé “langue lombardesca”, on brode la dentelle
milanaise. Pour mieux comprendre les histoires des
personnages originaires de ces lieux qui occupent
une position de relief dans le panorama culturelle
italienne, on doit analyser les rapports intenses
qui s’établissent entre les endroits de la Majella
et ceux des villes lointaines des Abruzzes. Parmi
les cas les plus connus il y a, dans la deuxième
moitié du XIIIe siècle, celui du juriste Marino da
Caramanico qui étudia à Boulogne et s’affirma chez
la cour angevine de Naples comme l’un des pères
fondateurs de la théorie d’un Etat national libre de
l’autorité impériale; pendant le XVe siècle Nicola
da Guardiagrele se forma avec beaucoup de
probabilités à Florence, fréquentant le Ghiberti et
devint un illustre maître orfèvre dans la technique
du bosselage.
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